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Centre for Development and Enterprises Great Lakes (CDE Great
Lakes)

Publié le: 17 Février 2026

DOI: https://doi.org/10.64116/Report.2026.InclusiveGrowthBI

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This publication is funded by the German Federal Ministry for Economic Cooperation and Development (BMZ) and supported by the Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH. The views and opinions expressed in this publication are those of the authors and do not necessarily reflect the official position of BMZ or GIZ.


Résumé

Cette étude, menée dans le cadre du projet « Renforcer les Think Tanks d’Afrique centrale pour lutter contre les inégalités, l’informalité et promouvoir une croissance inclusive dans la CEEAC », vise à analyser les questions en rapport avec l’informalité, les inégalités et la croissance inclusive en Afrique centrale en général et au Burundi en particulier, afin de promouvoir des changements structurels à long terme qui auront un impact substantiel et mesurable sur ces problématiques socio-économiques. Il s’agit d’une recherche-action destinée à renforcer le rôle des think tanks et des centres de recherche dans l’élaboration de politiques publiques inclusives et à fournir des outils pour transformer les économies de la région.

La question centrale de la recherche est la suivante : « Pourquoi l’économie burundaise est-elle dominée par l’informalité, les inégalités socio-économiques et une croissance économique non inclusive ? ». L’hypothèse sous-jacente est que les politiques publiques sont souvent élaborées sans la participation des think tanks, des universités, des centres de recherche publics et privés, dont l’expertise pourrait orienter les actions gouvernementales vers un développement plus inclusif. L’étude repose sur une approche mixte, combinant des méthodes quantitatives et qualitatives. Une enquête ciblée a été menée auprès de 75 répondants âgés de 15 ans et plus, répartis dans quatre villes burundaises (Bujumbura, Kayanza, Gitega et Ngozi). Les données ont été collectées à l’aide de questionnaires structurés et d’analyses de focus groups, permettant d’explorer les conditions de travail, les motivations des travailleurs informels et les obstacles à la formalisation ainsi que les causes, les obstacles et les perspectives pour la réduction des inégalités au Burundi.

Les résultats révèlent une économie dominée par le secteur informel, où 76 % des travailleurs opèrent sans protection sociale ni accès à des emplois formels. Cette informalité est principalement motivée par le manque d’opportunités dans le secteur formel (64 % des répondants) et la flexibilité offerte par l’informalité (36 %). Les inégalités socio-économiques sont également marquées, avec 80 % des répondants estimant que les inégalités de revenus ont augmenté au cours des cinq dernières années. Les femmes, qui représentent 68 % des répondants, sont particulièrement touchées par ces inégalités, avec un accès limité à l’éducation supérieure (seulement 4 % des femmes ont atteint ce niveau) et des obstacles persistants à leur participation économique, notamment le manque de ressources financières (76 %) et le manque de reconnaissance de leur rôle économique.

Malgré ces défis, l’étude identifie des opportunités pour transformer l’économie informelle en une économie formelle et inclusive. Par exemple, 80 % des répondants estiment que le secteur informel contribue de manière significative à l’économie nationale, notamment par la création d’emplois et le soutien aux ménages.

Face à la prépondérance de l’économie informelle et des inégalités socio-économiques au Burundi, les principales recommandations proposent l’adoption de politiques publiques visant notamment la promotion de programmes de microfinancement adaptés aux besoins des travailleurs informels et des femmes entrepreneuses pour soutenir leurs activités et faciliter leur transition vers le secteur formel. En outre, il y aurait moyen d’encourager la formation de coopératives de crédit qui offrent des conditions favorables aux travailleurs et qui facilitent l’accès aux ressources financières, mais aussi des initiatives ciblées d’entrepreneuriat féminin, incluant des programmes de financement, de formation et d’accès aux marchés. Enfin, au lieu que l’État finance des programmes communautaires soutenant les groupes vulnérables mais en mettant l’accent sur le développement économique local et l’autonomisation des femmes. De plus, il est jugé pertinent d’encourager la formation des réseaux de soutien pour les travailleurs informels afin de partager des ressources, des informations et des opportunités.

L’étude met en lumière les défis structurels auxquels fait face le Burundi, notamment la prédominance de l’économie informelle, les inégalités socio-économiques et une croissance peu inclusive. Cependant, elle identifie également des opportunités pour transformer l’économie informelle en une économie formelle et inclusive, à travers des politiques publiques ciblées et une collaboration renforcée entre les acteurs publics et privés. En intégrant les recommandations issues de cette recherche, les pays d’Afrique centrale pourraient progresser vers une croissance économique plus équitable et durable, en tenant compte des besoins des groupes vulnérables.