C’est le résultat d’une étude menée par la fondation Denis et Lenora Foretia, en association avec le NKAFU POLICY institute qui hier, au cours d’une conférence de presse réunissant tous les organes sérieux de la presse Camerounaise, parmi lesquels PAN-ECO MEDIA, a présenté un résumé du rapport de cette étude au combien importante pour tous les camerounais soucieux de comprendre la situation réelle de notre économie, eu égard à tous les chocs sécuritaires et sanitaires auxquels nous faisons face. Mais avant toute chose, situons les faits dans leur contexte.

Ce qu’il faut savoir sur le budget 2020 au Cameroun

Le 03 juin 2020, la loi de finances 2020 promulguée le 24 décembre 2019 par le président de la république via la loi N°2019/023 du 24 décembre 2019, a été amendée par l’ordonnance N°2020/001 du 03 juin 2020. Cette loi de finance rectificative vient modifier et compléter certaines dispositions de la loi N°2019/023 du 24 décembre 2019 portant loi de finances de la république du Cameroun pour l’exercice 2020.

investir au cameroun

A cet effet, elle établit le nouveau budget 2020 du Cameroun à 4409 milliards de francs contre 4951,7 milliards de francs CFA initialement prévue, soit une baisse de 542,7 milliards de francs CFA en valeur absolue. Pour cause, la survenue de la crise sanitaire de la covid-19 dont les conséquences économiques ont creusé le déficit budgétaire qui est passé de 1,5% du PIB à 4,5 du PIB. Rappelons que le déficit budgétaire est un phénomène qui survient lorsque les dépenses d’un État sont supérieures à ses recettes.

Les conséquences de la diminution du budget du Cameroun en 2020

Rappelons que le budget d’un pays représente l’ensemble des dépenses et des recettes envisagées par l’État au cours d’une année civile. De ce fait la diminution du budget du Cameroun cette année a eu impact directe sur les crédits de paiements accordés aux ministères en charge de de la promotion et de l’amélioration de la compétitivité nationale. Plus grave encore, cet ajustement du budget n’a pas suffit à résoudre le problème du besoin en financement de l’économie nationale qui est passé de 1304,5 milliards à 1816 milliards de francs CFA, creusant ainsi davantage le déficit budgétaire. Étant donné que la création de richesses locales reste très faible, L’État n’a pour seule issue de secours que de recourir à l’endettement afin de financer son déficit budgétaire.

Eu égard à tout ceci, c’est donc légitimement que la fondation Denis & Lenora Foretia s’interroge sur la viabilité budgétaire et la soutenabilité de la dette du Cameroun d’une part, et sur les mesures mises en place pour la promotion de la création de richesses, au vu des engagements du pays dans le cadre de la mise en place de la Zleca, entre autres. D’où l’objet de cette étude, dont nous vous présentons les résultats et les recommandations dans les lignes qui suivent.

Les résultats des recherches sur la viabilité du budget du Cameroun en 2020.

Pour mener à bien leurs recherches, les chercheurs du kwafu policy institute ont collecté les données sur la loi de finances du Cameroun, les ressources documentaires de la banque mondiale, du FMI, de la caisse autonome d’amortissement, du ministère des finances et de l’économie et sont parvenus aux résultats suivants :

La dette extérieure du Cameroun reste viable. Ce qui signifie que l’État du Cameroun est encore capable de rembourser ses emprunts et donc il reste solvable. Cependant, le risque de surendettement extérieur reste très élevé.

Deuxièmement, les efforts fournis par le gouvernement camerounais en matière budgétaire, à travers la modification de la loi de finance 2020, sont très insuffisants pour développer un secteur industriel sain, compétitif et diversifié capable d’inverser la balance commerciale; Et donc d’augmenter les exportations au détriment des exportations. En bref de produire et consommer local.

Les recommandations des chercheurs de la fondation Foretia.

Les experts de la fondation foretia

Au regard des résultats susmentionnés, les experts du Nkafu Policy institute recommandent à l’État du Cameroun de :

Réduire le train de vie de l’État en terme de dépenses de fonctionnement dans tous les secteurs d’activités de l’économie nationale. Notamment les avantages pécuniaires des agents du service publique au travers des missions à l’étranger, de l’octroi des véhicules et bons de carburant, etc…

Améliorer le niveau des dépenses en capital ou d’investissement dans tous les secteurs d’activité à forte compétitivité. L’objectif ici étant de protéger les sous-secteurs nationaux les plus intensifs en main d’œuvre, d’une concurrence accrue des produits étrangers.

Formuler explicitement un objectif de compétitivité dans les sous-secteurs stratégiques de l’économie camerounaise encore fortement influencés par l’omniprésence de l’État parmi lesquels, les transports, les postes et télécommunication, l’énergie et l’eau.

Augmenter les montants des crédits de paiement ouverts sur les programmes concourants à la promotion de la compétitivité nationale. Rappelons qu’à ce jour l’État du Cameroun n’a réservé que 0,63% du PIB consacré à l’innovation. un pourcentage extrêmement faible au regard de la conjecture géostratégique actuelle.

Enfin supprimer les charges fiscales dont l’impact sur la croissance est négligeable, notamment celles qui freinent à la création d’entreprise. Notamment l’impôt sur le droit d’exercer une activité professionnelle, les taxes sur les services déterminés.

Au demeurant, nous exhortons les responsables du gouvernement du Cameroun, à se pencher très sérieusement sur les résultats de ces recherches scientifiques, en vue de prendre résolument les décisions qui s’imposent pour le bien de tous.

Source: Pan Eco Media